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L'air respirait comme un animal / El aire respiraba como un animal
(extrait / extracto)
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ENÁN BURGOS |
Benjamin Péret, l'un des poètes surréalistes les plus authentique, dans l'introduction de son livre merveilleux, «Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique», a écrit ceci : «Le commun dénominateur unissant le sorcier, le poète et le fou ne peut être que la magie. Elle est la chair et le sang de la poésie… L’homme primitif ne se connaît pas encore, il se cherche. L’homme actuel s’est égaré… Si dans le camp réactionnaire on cherche à faire de la poésie un équivalent laïque de la prière religieuse, du côté révolutionnaire on n’a que trop tendance à le confondre avec la publicité. » Ces jugements de Péret sont pour PLEAMAR DIGITALE un phare qui guide son navire par l'inconnu dans sa recherche de voix vives, singulières et rares, de la poésie universelle. Constance Chlore, par ses trouvailles, son défi et sa manière irrévérente, dans un monde si « moral », de tisser la langue poétique et narrative, est l'une d'elles. Roman et poésie sont deux sentes sur lesquelles Constance fait voler sa plume effrénée sans abdiquer à sa condition animale et sauvage; destructrice d’un ordre trop réitéré, le désordre assumé la conduit, non sans entraves, à une méditation sur le langage et, chaque pas sur la page est une trace qui dénote la réinvention de ce même langage. Son écriture, bien qu’elle soit un défi à la logique, démontre que, malgré son insoumission, le tissu obtenu repose sur un maniement irréprochable des fils et nœuds de la grammaire. N'oublions pas que Constance est née en Belgique, à Bruxelles, pays connu par son plurilinguisme, sa peinture et son théâtre baroque, son surréalisme différent de celui de Breton en France, sa littérature fantastique, son néo-classicisme poétique qui a régné durant presque deux décennies après la deuxième guerre mondiale et qui voit surgir à partir des années soixante et soixante-dix une nouvelle génération de poètes qui cherchent à rompre radicalement avec les préceptes classiques. Dans une certaine mesure, Constance Chlore a héritée de ce mouvement qui perdure aujourd'hui à sa manière, le goût du renouvellement et la recherche de nouvelles formes du langage poétique en vers ou en prose. Pour finir cette rapide parade, je reprends un terme suggéré par le poète antillais Edouard Glissant, avec lequel je suis d'accord, quand il oppose au terme problématique de "francophonie", un autre non moins controversé, celui de "créolisation" c'est-à-dire la diversité à l'intérieur d'une même langue de réponses corporelles et culturelles visibles. Tout cela pour éviter l'impact néfaste que la globalisation exerce en uniformisant la culture, notre corps social et intime et jusqu'à l'air que nous respirons. L'œuvre de Constance Chlore consciente de ce désastre s’insurge, libérée des modèles et des modes, elle nous invite à résister, à être et non à paraître; elle nous incite aussi à explorer corporellement notre jungle intrinsèque, à respirer l'air et la chlorophylle jusqu’à redevenir le singe que jadis nous étions, allant de branche en branche, de magie en magie, de folie en folie, par la canopée sonore de la poésie. |
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Benjamín Péret, uno de los poetas surrealistas más genuino, en la introducción de su libro maravilloso “Antología de mitos, legendas y cuentos populares de América”, escribió lo siguiente: “El común denominador que une el brujo, el poeta y el loco sólo puede ser la magia. Ella es la carne y la sangre de la poesía… El hombre primitivo no se conoce aún, se busca, el hombre actual vive extraviado… Si en el campo reaccionario se intenta hacer de la poesía un equivalente laico del rezo religioso, en el campo revolucionario la tendencia mayor consiste a confundirla con la propaganda”. Estos juicios de Péret son para PLEAMAR DIGITAL un faro que guía su navío por lo desconocido en su búsqueda de voces vivas, singulares y raras de la poesía universal. Constancia Chlore, por su invención, desafío y manera irreverente, en un mundo si “moral”, de tejer la lengua poética y narrativa, es una de ellas. Novela y poesía son dos sendas sobre las cuales Constancia hace volar su pluma híspida sin abdicar a su estado animal y salvaje; destructora de todo orden demasiado reiterado, el desorden asumido la conduce, no sin trabas, a una meditación sobre el lenguaje, y cada paso dado sobre la página es una huella que denota el reinvento de ese mismo lenguaje. Su escritura, aunque sea un desafío a la lógica, demuestra que el tejido obtenido, a pesar de sus libertades, reposa sobre un manejo irreprochable de los hilos y nudos de la gramática. No olvidemos que Constancia nació en Bélgica, Bruselas, país conocido por su plurilingüismo, su pintura y su teatro barroco, su surrealismo diferente al propuesto por Bretón en Francia, su literatura fantástica, su neoclasicismo poético que reinó durante casi dos décadas después de la segunda guerra mundial y que ve surgir a partir de los años sesenta y setenta una nueva generación de poetas que tratan de romper radicalmente con los preceptos clásicos. Constance Chlore, en cierto sentido, heredó de ese movimiento que perdura hoy a su manera, el gusto por la renovación y la exploración de nuevas formas del lenguaje poético en verso o en prosa. Para acabar está rápida parada, retomo un término sugerido por el poeta Antillano Edouard Glissant, con el cual estoy de acuerdo, al oponerle al problemático término de “francophonie”, otro no menos controvertido, el término de “créolisation”, es decir la diversidad al interior de una misma lengua de respuestas corporales y culturales visibles. Lo cual él propone para evitar el impacto nefasto que la globalización ejerce, al uniformar la cultura, nuestro cuerpo social e íntimo y hasta el aire que respiramos. La obra de Constancia Chlore consciente de ese desastre se subleva, liberada de modelos y modas nos invita a resistir, a ser y no a aparecer; nos incita también a explorar corporalmente nuestra selva intrínseca, a respirar el aire y la clorofila hasta volver a ser aquel mico yendo de rama en rama, de magia en magia, de locura en locura, por las cumbres sonoras de la poesía. |
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L’œil dans la verticale / El ojo en la vertical

Dessins et concept graphique / Dibujos y concepto gráfico: ENÁN BURGOS